Une monnaie anti-spéculation ? Oui ça existe !
Peu après la réunion du G20 à la mi-novembre à Washington, très médiatisée par le « Président du Mooondeeee » Nicolas Sarkozy, une autre réunion dont on a peu entendu parler a pris,
elle, une décision majeure.
Les pays sud-américains réunis dans l’alternative bolivarienne pour les peuples d’Amérique ont en effet décidé de créer une nouvelle monnaie commune indépendamment des organismes financiers internationaux. En clair, ces pays réunis autour du Venezuela de Chavez ont décidé de s’affranchir concrètement du FMI, de la Banque mondiale et de la domination du dollar américain.
« Le sucre », c’est le nom de la nouvelle devise, permettra à ces pays (outre le Venezuela, il y a Cuba, le Nicaragua, Le Honduras, la Bolivie, la Dominique et l’Equateur) d’échapper aux fourches caudines des « grands financiers » internationaux qui ont ruiné le continent dans les années 1980 et 1990 au profit (devinez de qui ?) de la spéculation internationale.
Le gouvernement afghan a "condamné fermement" samedi dernier un programme de la chaîne Tolo, qui a diffusé des images d'hommes et de femmes dansant ensemble, jugeant que cela minait la morale
au sein de la jeunesse.
Ces scènes "sont contraires aux valeurs et traditions de la société islamique d'Afghanistan", selon le ministère de l'information.
Le programme va être soumis à une commission gouvernementale de surveillance des médias qui pourra décider de sanctions, comme l'avait demandé le très puissant Conseil religieux islamique au
mois de janvier.
C'est en faveur de ces loups intégristes que Nicolas Sarkozy veut envoyer combattre 1 200 soldats français supplémentaires... et c'est la mort qui ouvrira le bal.
Le président américain, George W.
Bush vient de nouveau de justifier la torture au nom de la lutte contre le terrorisme.
Le 26 juillet 2007 à Dakar, lors
de sa première visite en Afrique subsaharienne, Nicolas Sarkozy a prononcé son discours fondateur de la nouvelle politique africaine de la France. Le ton se voulait amical, un salut fraternel
adressé aux jeunes d’Afrique.
Mais derrière les paroles lénifiantes sur "l’âme de l’Afrique" ou la "Renaissance africaine" qu’il appelait de ses vœux, le président français a tenu des propos qui ont profondément blessé les Africains.
Il y a eu, bien sûr, le désormais légendaire "paysan africain", selon Sarkozy, qui "ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles"…
Mais aussi, comme certains l’ont noté, dans le ton parfois conciliant du discours, une manière sournoise de réévaluer l’œuvre de la colonisation : "[Le colonisateur] a pris, mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles." Aucun signe de repentance qui aurait libéré le dialogue… Par contre le ton, à la fois paternaliste et arrogant, avait surpris et irrité...
Passé ce moment d’exaspération, un groupe d’intellectuels africains ont décidé de donner la réplique en attirant l’attention sur les vrais enjeux, sur les questions essentielles qui interpellent le vieux continent...
Quelle est la responsabilité réelle des Africains dans les souffrances intolérables qu’endurent les populations (violences génocidaires, guerres fratricides, dictatures, gaspillage et pillages des ressources, persistance du pacte colonial, etc.) ?
Quelle place pour l’Afrique dans la mondialisation ? Comment lutter contre la collusion de l’État français avec les dictateurs du continent ? Comment mettre un terme aux affreuses manipulations des Indépendances par la classe politique française?
Comment combattre le révisionnisme sournois qui réécrit l’histoire de la Traite négrière et de la colonisation ? Pourquoi des arguments racistes peuvent-ils être développés en terre africaine par le chef d’État d’une puissance moderne, d’un pays colonisateur de surcroît ?
Quels effets de tels propos peuvent-ils avoir sur la jeunesse africaine en risquant de l’enfermer dans des clichés éculés ?
Ces vingt penseurs et artistes ont décidé de combattre avec vigueur (et rigueur !) les arguments de Nicolas Sarkozy et, surtout, d’élargir le débat aux véritables défis pour l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.
Liste des auteurs
Zohra Bouchentouf-Siagh :
professeur de linguistique et de littérature française et francophone (Alger, Vienne)
Demba Moussa Dembélé : économiste
(Dakar)
Mamoussé Diagne : essayiste,
professeur (Université Ch. Anta Diop, Dakar)
Souleymane Bachir Diagne :
essayiste, professeur (Dakar, Chicago)
Boubacar Boris Diop : écrivain
(Dakar)
Babacar Diop Buuba : professeur
(Université Ch. Anta Diop, Dakar)
Dialo Diop : médecin biologiste
(Dakar)
Makhily Gassama : essayiste
(Dakar)
Koulsy Lamko : écrivain,
professeur (N’Djaména)
Gourmo Abdoul Lô : avocat,
professeur (Nouakchott, Le Havre)
Louise-Marie Maes Diop : géographe
(Dakar)
Kettly Mars : romancière
(Haïti)
Mwatha Musanji Ngalasso :
essayiste, professeur (Université Montaigne, Bordeaux)
Patrice Nganang : écrivain,
essayiste, professeur (Cameroun, USA)
Djibril Tamsir Niane : écrivain,
historien (Conakry)
Théophile Obenga : égyptologue,
linguiste, historien, professeur (France, Université d’État de San Francisco USA)
Raharimanana : écrivain
(Madagascar)
Bamba Sakho : docteur en sciences,
chercheur (France)
E. H. Ibrahima Sall :
économiste
Mahamadou Siribié : doctorant en
Science politique (Nice, France)
Adama Sow Diéye : professeur
(Université Ch. Anta Diop, Dakar)
Odile Tobner : professeur
(Cameroun, France)
Lye Yoka : professeur
(Kinshasa)
Source : Bellaciao