Hier soir à Alizay se tenait la première réunion de travail du collectif de maintien et de développement de l’emploi réactivé suite aux évènements nouveaux et inquiétants chez M-real. Avec les organisations syndicales, nous avons décidé de nous battre contre cette fermeture annoncée et de forcer le groupe à céder son entreprise d’Alizay à un repreneur ayant les reins assez solides pour mettre en place les solutions industrielles alternatives proposées l’année dernière par les salariés et garantir le maintien des emplois sur le long terme.
Une chose est certaine : nous ne sommes pas décidés à laisser se tramer le scénario catastrophe que tente d’orchestrer la direction sur fond de communication rassurante auprès des salariés quant au rachat du site. Toujours est-il qu’il est convenu de faire front contre la décision finlandaise dictée par des actionnaires assoiffés d’une rentabilité toujours plus importante à se partager entre requins de la finance.
Les organisations CGT et CFE CGC se rendront à Helsinki, vendredi prochain à la demande du groupe. Nous verrons ce que prévoient réellement les dirigeants. En attendant, Thierry Philippot et Eric Lardeur ont sollicité une rencontre avec Madame la Préfète de l’Eure lui demandant (en lien avec les demandes explicites pour sauver leur entreprise) quel message pourraient-ils transmettre de sa part au groupe. Avec tous les éléments détenus de cette fin de semaine, il est prévu une réunion du collectif mardi prochain. Le Front de Gauche a d’ores et déjà obtenu de la municipalité de Pont-de-l’Arche la tenue d’un conseil municipal extraordinaire où une motion de soutien aux salariés sera prise. A Alizay, comme il l’a été annoncé hier soir, une motion sera votée le 19 mai prochain.
Bien sûr, ces initiatives de soutien sont très importantes mais ne suffiront pas. C’est de combat politique dont nous avons besoin. La droite doit prendre ses responsabilités et arrêter la casse industrielle entreprise depuis des années. Bruno Le Maire doit mettre en application ce qu’il avait promis aux ouvriers l’année dernière à savoir : trouver un repreneur fiable et viable.
La gauche à la responsabilité de l’efficacité au service des travailleurs. A un an des élections présidentielles et législatives, c’est le moment de montrer que la bataille pour l’emploi industriel et son développement est réellement pris en compte et que celle qui s’annonce la verra, à la Région comme au Département, dans la rue comme à l’entreprise, aux côtés de ceux qui défendent leur emploi.
Les élus communistes et du Front de Gauche ont déjà annoncé par la voix de Gaëtan LEVITRE, Conseiller général, Christian JUTEL, secrétaire départemental du PCF et Jean-Luc LECOMTE, Conseiller régional, qu’ils comptaient bien être très actifs dans cette bataille pour éviter la désertification industrielle sur le territoire et ça commence par gagner la bataille chez M-real.
Qu’il nous soit permis tout d’abord de féliciter les salariés et les organisations syndicales de chez M-real pour le magnifique et difficile combat que nous avons mené ensemble depuis bientôt 9 mois.
Les organisations syndicales ont décidé de signer le plan « social » le plus avantageux possible pour les salariés concernés et nous en prenons acte.
Il ne nous a pas manqué grand chose pour gagner. Uniquement la volonté de nos politiques à maintenir un site papetier intégré à Alizay (unique en France).
Mais malheureusement nous avons assisté :
- Au blablabla du ministre Bruno Le Maire qui, comme chez Glaxo, a choisi le camp de l’argent, des patrons. Il est donc coresponsable de ces licenciements. Son repreneur inventé pour la circonstance (élections régionales obligent) n’a jamais contacté M-real pour la reprise de l’usine de fabrication de pâte à papier. Un mensonge éhonté qui démontre bien la manière de faire de la politique de la droite.
- On ne peut pas dire non plus que les présidents de la Région et du Département de l’Eure aient joué un rôle prépondérant dans ce dossier. On les a très peu vus, pour ne pas dire jamais. Certes, ils ont financé les experts pour mener l’étude permettant de démontrer que la production de pâte était rentable, mais c’est tout ! On aurait tant aimé les voir à nos côtés dans les manifestations, les délégations. Ils auraient dû porter avec nous les propositions alternatives et ébaucher ensemble des solutions financières ambitieuses permettant de sauvegarder l’emploi et de pérenniser le site. Au lieu de ça, RIEN ! Ils se sont contentés de regarder, d’esquisser de vagues regards compatissants et nous le regrettons amèrement.
Nous attendons autre chose des responsables politiques.
Avis de recherche en direction des maires de droite du canton de Pont-de-l’Arche
Mais où sont passés les maires des Damps, de Tostes, de Criquebeuf sur Seine, de Martot, d’Igoville ? Effectivement, ils brillent par leur absence depuis des mois et croyez bien que les salariés et les habitants de notre territoire s’en souviendront !
On a vu de temps en temps les élus locaux du parti socialiste sur certaines manifestations, le temps d’une photo à Ymare ou bien d’une table ronde à Evreux. On aurait pu imaginer qu’ils s’impliquent beaucoup plus dans ce combat.
Quant au NPA, très actif dans le collectif, il semble aujourd’hui se résigner (si l’on en croit leur communiqué départemental) devant la lourdeur bureaucratique et l’incurie politique de manière générale.
Malgré tout, nous n’avons pas dit notre dernier mot et nous appelons toutes ces forces vives à se ressaisir.
Le parti communiste français eurois, la section Eure Seine, notre Conseiller général Gaëtan Levitre, nos conseillers régionaux Christian Jutel hier et aujourd’hui Jean-Luc Lecomte, les élus communistes et républicains du canton de Pont-de-l’Arche continuent la bataille. Certes, nous avons perdu la 1ère manche mais nous n’avons pas perdu la partie.
Nous proposons de réorienter le combat d’une manière différente.
Pas plus tard que lundi 12 juillet, Gaëtan Levitre, à sa demande, était reçu à Bercy par les conseillers techniques du cabinet du ministre de l’Industrie, Christian Estrosi et du cabinet du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire en présence de Jean-Luc Lecomte, conseiller régional, François Loncle, député, Guillaume Bachelet, conseiller régional et Lionel Prévost, vice-président du conseil général.
Une occasion toute particulière pour le conseiller général de notre canton de rappeler la lutte exemplaire menée par les salariés, même si malheureusement elle a débouché sur l’accord salarial que nous connaissons. L’occasion de dire aussi combien il regrettait que les organisations syndicales n’aient pas été invitées à cette réunion alors qu’elles sont des interlocuteurs légitimes.
Après avoir rappelé la chronologie du combat de ces 9 derniers mois, il est acté que ce dossier est d’ampleur nationale car l’indépendance de la France pourrait être menacée en matière d’approvisionnement de pâte à papier.
Mais qu’en est-il de l’avenir du site M-real aujourd’hui ?
Voilà la question déterminante et légitime qui fut le lien de toutes les discussions de ce fameux lundi. Car en effet, la fermeture définitive de la fabrication de pâte à papier entraînera à moyen terme, si rien ne vient améliorer cette situation, la fermeture du papier.
A ce titre, les études menées par le cabinet SECAFI ont démontré leur importance et sont reconnues comme telle selon les dire des conseillers techniques des ministres :
- Elles ont permis de casser momentanément le PSE (ce qui n’est déjà pas si courant).
- Elles mettent en évidence des pistes de pérennisation et des axes de viabilité sur lesquels nous devons nous appuyer pour aller plus loin et faire d’Alizay un pôle d’excellence du bois et du papier. Nous ne lâcherons rien à ce sujet.
La fin de partie n’est donc pas sifflée. Les 9 mois de lutte menés par les salariés d’M-real, leur intelligence mis à contribution pour formuler des propositions permettant de sauver leur entreprise demeure et ne restera pas vaine.
En tant que Conseiller général et maire d’Alizay, Gaëtan Levitre fait de l’emploi en général et de la pérennisation du site d’Alizay sa priorité pour les années à venir.
Consolider et développer l’emploi sur le territoire pour que les habitants de Pont-de-l’Arche et des environs puissent vivre et travailler à proximité et décemment : une priorité cantonale.
Sur sa proposition, il est convenu par les deux ministères d’activer la cellule de revitalisation. M-real devra y participer à hauteur de 300 000 euros. Il est donc convenu que cette somme servira à approfondir les études déjà menées et à affiner les propositions alternatives.
La délégation a aussi proposé d’associer aux différentes réunions qui vont avoir lieu les organisations syndicales, les acteurs industriels, la Copacel, les associations comme bois et forêts, biologie santé, énergie HN, aussi les élus sous l’autorité de Madame la Préfète.
Gaëtan Levitre a également proposé d’associer à cette démarche le développement portuaire sur ce site (compris entre la RN15 et M-real) qui faciliterait la reconversion et la consolidation de ce secteur industriel.
Diversifier la filière bois.
Une étude menée par la chambre de commerce et d’industrie a identifié 3 sites susceptibles d’accueillir le trafic attendu sur cette zone.
Le projet biomasse mené avec Poweo (acté par la CRE) représente une consommation de 250 000 tonnes par an. Même si on sait qu’il s’agit de bois prélevé dans la région et acheminé par le fer et la route, une partie peut être envisagée par le fluvial.
Le flux correspondant à la production de plaquettes de bois pour centrale biomasse, expédié à l’étranger serait de l’ordre de 120 000 tonnes par an (projet en attente de validation).
L’unité de désencrage ou bien encore la création d’une usine de « pellets » augmentera encore ce flux.
Les autres entreprises d’Alizay ont besoin d’un port.
Les besoins sont grands dans ce secteur puisque des entreprises sont à la demande de ce développement portuaire : Kapa Reynolds (Aseo), Kapa Logistic, Aqualon. Ces entreprises ont un trafic en forte progression qui vient actuellement par la route approvisionner le site d’Alizay. Des contacts ont été également pris avec les carriers et d’autres entreprises locales.
Ce véritable potentiel nécessite bien évidemment l’investissement d’un nouveau quai de chargement et de déchargement ainsi que l’identification des terrains susceptibles de réceptionner les conteneurs.
Le 21 avril dernier, le maire d’Alizay a présenté ce dossier à Monsieur le Sous-Préfet en présence du président de la chambre de commerce et d’industrie.
Cette nouvelle donnée doit être prise en compte puisqu’elle permettrait de consolider l’existence de nos entreprises, participerait à leur développement et à la création d’emploi.
Un engagement total du Conseiller général pour les prochaines années. Un engagement pour une nouvelle dynamique industrielle porteuse d’emploi et de développement économique.
Communiqué du maire d’Alizay et conseiller général, Gaëtan Levitre
« Je me félicite de la décision prise par le TGI d’Evreux. Cela montre que la lutte que les salariés de M-real ont menes a porté ses fruits. Les salariés ont eu raison de « tenir » pendant ces 8 mois, de ne pas céder au découragement. Comme le Conseil Municipal et moi-même l’avons affirmé jeudi 17 juin, la direction de M-real doit être forcée à négocier. Nous demandions même que l’entreprise finlandaise cède l’usine pour un euro symbolique, puisqu’elle semblait vouloir se débarrasser de la pâte, pour fermer ensuite l’usine toute entière.
Le pouvoir judiciaire a réalisé ce que les ministres concernés, messieurs Le Maire et Estrosi, ont été incapables de faire : empêcher le plan social, et contraindre M-real à dialoguer avec des repreneurs très intéressés par la production de pâte à papier. Je serai aux côtés des salariés comme nous l’avons été depuis le début de la lutte avec le collectif pour le maintien et le développement de l’emploi, lorsqu’il s’agira d’envisager une reprise de l’usine dans les meilleures conditions. »
Communiqué du PCF 27
La fédération de l’Eure du parti communiste français et la section PCF Eure Seine se félicitent bien évidemment de cette belle et juste nouvelle. Comme quoi l’action militante, constructive et déterminée paye.
A ce sujet, rappelons que le Conseiller régional communiste, Jean-Luc Lecomte a interpelé Bruno Le Maire en réunion plénière du Conseil Régional, mardi 22 juin. Une occasion toute particulière de lui de demander des comptes quant à son soi-disant engagement pour la sauvegarde de l’emploi chez M-real. Sa réponse fut pour le peu « évasive ». La campagne des régionales terminée, Bruno Le Maire ne communique plus que par des effets d’annonces qui ne séduisent plus personne.
Dernière minute : Annulation du plan social
Le Tribunal de Grande Instance d’Evreux vient de rendre son verdict : le plan social a été annulé. La lutte acharnée des salariés aura payé. M-real est contrainte à examiner les propositions de reprise, ainsi que les solutions alternatives promues par le collectif pour le maintien et le développement de l’emploi chez M-real. Les actions menées auront mis en lumière l’absurdité du plan social. C’est aussi une reconnaissance du travail du collectif pour le maintien et le développement de l’emploi, qui s’est réuni chaque semaine à la mairie d’Alizay depuis 8 mois.
Des propositions reconnues par la justice
Les organisations syndicales, le collectif pour le maintien et le développement de l’emploi, ont montré que l’activité était plus que rentable, avec une pâte à papier à plus de 1000 $ la tonne. La fermeture de l’usine de pâte correspond à une volonté de M-real d’asphyxier ses concurrents, notamment les repreneurs envisagés Arjo-Wiggins et Tops Consults en les privant d’une pâte à papier produite en France et de bonne qualité. A terme, c’était toute l’usine qui était menacée (415 salariés). L’unité de fabrication de pâte est un outil de travail exceptionnel, qui doit être remis en route ; il faut que les salariés reviennent à leurs postes de travail, et que l’activité soit reprise par un autre groupe.
Nous demandons :
- La reprise de l’usine par un autre groupe et redémarrage immédiat de la production de pâte à papier
- Le maintien et développement de l’emploi sur le site d’Alizay.
- La cession de l’usine, jugée non rentable par M-real pour un euro symbolique
- Diversification de l’activité, pour que le site soit pérenne quelle que soit la conjoncture économique (production d’énergie à partir de la biomasse, diversification des types de papier produit…)