Le Président de la République et son gouvernement veulent réformer en profondeur le système de retraite par répartition sous prétexte de résorber les déficits.
Les projections financières sur les besoins de financement des retraites à l'horizon 2050 présentées dans le rapport du COR (Conseil d'orientation des retraites) sont sujettes à caution.
Difficile, en effet, de prévoir l'évolution démographique et de l'emploi à 40 ans ! Ces projections visent en fait à préparer l'opinion publique à un allongement de la durée légale du temps de
travail et à une augmentation des cotisations.
L'équilibre financier d'un système de retraite ne dépend pas seulement du paramètre démographique mais aussi et surtout de l'évolution de l'emploi, de la croissance économique et des choix de
redistribution des richesses produites.
La véritable cause des déficits actuels des caisses de retraites est le produit du défaut de cotisations sociales dû au chômage de masse,
au blocage des salaires et aux exonérations patronales (33 milliards en 2009 !).
Il est de plus absurde de vouloir faire travailler au delà de 60 ans alors que 3 à 7 millions de salariés plus jeunes sont à la recherche d'un emploi et qu'il est quasiment impossible d'en retrouver un quand on a plus de 50 ans.
D'ailleurs, les entreprises se débarrassent des salariés âgés.
Quant à l'évolution démographique en France, elle reste très dynamique.
La productivité des salariés français a augmenté de manière considérable depuis 30 ans, donc la richesse produite par notre pays.
Où sont
passés ces gains de productivité ?
Pas dans les salaires ni dans les retraites, en tout cas ! Le niveau moyen des pensions a baissé de 15 à 20 % en 15 ans.
Le véritable objectif du Président de la République et de la droite, appuyés par le MEDEF, vise en réalité à s'attaquer à la retraite par répartition qui organise le principe de solidarité entre salariés actifs et retraités, pour lui substituer une épargne par capitalisation, via les fonds de pensions.
L'allongement de la
durée de cotisation instaurée par les réformes Balladur et Fillon, non seulement n'a pas réglé le financement des retraites mais a contribué à aggraver la crise sociale.
A l'opposé des solutions avancées par le gouvernement et le MEDEF, ensemble nous devons :
-
Réaffirmer notre attachement à la retraite par répartition garantissant le droit à la
retraite à 60 ans avec un taux de remplacement d'au moins 75% du revenu net, calculé sur les 10 meilleures années dans le privé et sur les 6 derniers mois dans le secteur
public.
- Demander la prise en compte de la pénibilité des métiers dans le calcul des annuités nécessaires.
- Demander la prise en compte pour le calcul des retraites des années d'étude et de formation à partir de 18 ans ainsi que des périodes de
chômage.
En présence des élus et de syndicalistes.
DES SOLUTIONS PROGRESSISTES EXISTENT !
Les communistes ont des propositions applicables dès maintenant :
ü Réforme de l’assiette des cotisations patronales pour taxer plus fortement les secteurs qui produisent des richesses avec peu de main d'œuvre ;
ü Création d'une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises et des institutions financières qui rapporterait au minimum 22 milliards d'euros ;
ü Suppression des exonérations de cotisations patronales qui ne créent pas d’emploi et tendent à tirer les salaires vers le bas ;
ü Une grande politique de recherche et d’industrie, mobilisant autrement le crédit bancaire, pour solidifier les caisses de protection sociale et de retraite ; 100 000 emplois, ce sont 2 milliards de cotisations sociales de plus ;
ü Sécuriser l’emploi et la formation tout au long de la vie pour permettre à chacun de (re)trouver un emploi et une formation professionnelle à tout âge sans perte de revenus.
CHIFFRES A SAVOIR :
Cotisations sociales des entreprises : 142 milliards d'euros (Comptes de la nation 2007)
Charges financières et dividendes des entreprises : 324 milliards d'euros
(Comptes de la nation 2007)
Déficit 2010 des caisses de retraites : 10,7 milliards d'euros (estimation)
Aides et capitaux de l'Etat en faveur du secteur financier (2008-2009) :
19,8 milliards d'euros de prêts aux banques ; 3 milliards pour DEXIA ; etc.
Retraites par capitalisation aux Etats-Unis : Perte de 2 000 milliards de dollars
(20 % en valeur) depuis le début de la crise des subprimes fin 2008 et la misère pour des millions de retraités américains, obligés de rechercher du travail à 65 ans, 70 ans ou plus !
Décidemment nous allons en mourir des statistiques et des courbes de tendances si ce sont elles qui régulent les décrets et les Lois françaises.
En réponse aux extrémistes qui notaient une augmentation dans les sondages avant les présidentielles, le gouvernement répond « ministère de l’immigration » affirmant au détour sa dérive vichiste.
En réponse au déficit de la sécurité sociale, Nicolas Sarkozy annonce qu’il faudra mourir au travail pour sauver les retraites de nos enfants alors que des solutions progressistes permettent de maintenir ce droit au départ à 60 ans pour tous. (Il faudra d’ailleurs que la sociale démocratie accorde aussi ses violons de ce côté là).
En réponse aux difficultés budgétaires, on porte la responsabilité sur les fonctionnaires et notamment ceux de l’éducation national. On ne remplace plus un fonctionnaire sur deux et on détruit notre modèle pourtant tant envié à l’étranger.
Pour info : depuis l'élection de Sarkozy, chaque année plusieurs dizaines de milliers de postes de fonctionnaires sont supprimés (encore 16 000 de prévus dans l'Education nationale en 2010-2011).
D’ailleurs à ce sujet, nous soutenons activement l’action des parents d’élèves et des instituteurs qui se battent pour éviter une fermeture de classe au Manoir-sur-Seine. Gaëtan Levitre, Maire d’Alizay et Conseiller général (www.gaetanlevitre.over-blog.com) leur a d’ailleurs sapporté on soutien actif et a écrit à l’Inspecteur académique pour lui signifier de faire évoluer ce dossier dans le bon sens. Quand on parle de courbes et de statistiques, on est en plein dedans. Le ministère de l’Education national décide de fermer cette classe de primaire parce qu’il y aurait 25 élèves inscrits à la rentrée prochaine au lieu de 26. Quelle bêtise… qui risque de coûter très cher si rien ne venait à changer. Un risque énorme. Celui de voir renaître au Manoir des classes à deux niveaux et des effectifs de 30 élèves.
Est-ce cela la nouvelle politique de Sarkozy ? Travailler plus pour gagner moins avec de moins en moins d’enfants armés pour la vie ? Mais au fait, j’y pense, c’est peut-être ça le capitalisme extrémiste ? Il programme à long terme la transformation sociale de la société et prépare son formatage pour qu’elle devienne plus docile et qu’elle accepte, dans un Etat policier, l’exploitation au bénéfice des nantis.
A méditer.
N’oubliez pas notre rendez-vous de la gauche combative ce soir (mercredi 7 avril) à 18h00 à Pont-de-l’Arche, salle Ambroise Croizat. AL
Trop de gens l’ignorent mais l’homme, pardon le Grand Homme, qui dirige à nos destinés est pourvu d’un sens comique hors norme et manie comme personne l’ironie, le second degré et le contre-pied. On ne s’étonnera pas dès lors que les humoristes les plus fins gravitent autour de lui pour profiter de son aura unique (de Bigard à Mireille Mathieu, tellement drôle dans son imitation des playmobils).
Pour illustrer ce génie comique de notre Grand Homme, reprenons ici quelques morceaux choisis de sa déclaration, géniale forcément géniale, du 24 mars.
« Le malaise, que beaucoup d’entre vous ont exprimé vis-à-vis de la démocratie et de la politique en s’abstenant ou en choisissant des votes protestataires, n’a d’autre origine que le fait que pendant trop longtemps collectivement la société française a trop cédé sur ses valeurs, sur ses principes, valeurs et principes qui fondent notre pacte civique et notre pacte social. »
En voilà une analyse qu’elle est bonne, en voilà un humour au second degré percutant de celui qui affirmait vouloir détruire l’héritage des acquis du CNR (qui a fondé une grande partie de notre pacte républicain et de notre système social qui a permis, malgré de nombreuses attaques, à la France de mieux résister à la crise que ses voisins européens) et qui regretterait maintenant une perte des valeurs...
« Trop longtemps on a toléré que la violence pénètre à l’école, que l’agresseur soit traité avec plus d’égard que la victime, que le travail soit dévalorisé, que le mérite ne soit plus récompensé. Eh bien, je m’y engage, il n’y aura plus aucune concession. »
Arf, arf, qu’il est drôle !!!
C’est effectivement de notoriété publique que l’on accueille à bras ouverts les auteurs de faits de violence à l’école et que les victimes sont montrées du doigt, stigmatisées et rejetées. C’est bien connu aussi que ces attardés de profs, qui ne sont que d’ex-soixante-huitards sur le retour, valorisent la glandouille et exècrent le travail.
Heureusement, Notre Grand Homme
va effectuer dorénavant une tournée quotidienne des établissements scolaires de France et de Navarre pour veiller personnellement à la sécurité de nos chers têtes blondes…euh, pour les têtes
crépues, c’est moins sûr…
« Trop longtemps nous avons supporté les atteintes à la laïcité, à l’égalité de l’homme et de la femme, les discriminations, l’irresponsabilité de
certains parents qui ne s’occupent pas de l’éducation de leurs enfants. Ce n’est plus supportable. »
Alors là, notre chanoine de Latran à nous qu’on a, fait l’étalage de son ironie implacable ! Le Grand Homme qui plaçait les valeurs morales du curé devant celle de l’instituteur et qui remettait en cause la laïcité « à la française » nous propose un chant à la gloire de la laïcité…Une marche funèbre peut-être ?...
« Trop longtemps nous avons accepté les concurrences déloyales, les dumpings qui détruisent nos emplois. Ce n’est plus acceptable. »
Notre Capitaliste ultralibéral
est décidément impayable dans son imitation favorite : l’altermondialiste pourfendeur de la World Compagnie…Les guignols lui ont tout pompé !
« Le voile intégral est contraire à la dignité de la femme. La réponse c’est l’interdiction du voile intégral. Le gouvernement déposera un projet de loi d’interdiction conforme aux principes
généraux de notre droit. »
Quel talent ! En voilà une formule efficace et universelle que chacun peut réutiliser à la maison. Je vous en donne quelques uns :
-
Le pull vert pomme est contraire à la dignité de la femme. La réponse c’est l’interdiction du pull
vert pomme. Le gouvernement déposera un projet de loi d’interdiction conforme aux principes généraux de notre droit.
- Le cheveu gras est contraire à la dignité
de l’homme. La réponse
c’est l’interdiction du cheveu gras. Le gouvernement déposera un projet de loi d’interdiction conforme aux principes généraux de notre droit.
-
Le bouton d’acné est contraire à la dignité de l’adolescent. La réponse c’est l’interdiction du bouton
d’acné. Le gouvernement déposera un projet de loi d’interdiction conforme aux principes généraux de notre droit.
- Le pet est contraire à la dignité de
l’homme et de la femme. La réponse c’est l’interdiction du pet. Le
gouvernement déposera un projet de loi d’interdiction conforme aux principes généraux de notre droit.
- Le vote à droite est contraire à la dignité
de l’homme et de la femme. La réponse c’est l’interdiction du vote à
droite. Le gouvernement déposera un projet de loi d’interdiction conforme aux principes généraux de notre droit.
« L’absentéisme scolaire est un fléau. La responsabilité des parents doit être engagée, les sanctions en matière d’allocations familiales doivent être effectives, les jeunes qui ne peuvent pas suivre une scolarité normale seront placés dans des établissements adaptés où ils ne perturberont plus la vie des autres et où ils feront l’objet d’un accompagnement spécifique. »
Encore un bel exercice
d’imitation des plus belles années du pétainiste ! Il existerait donc deux catégories de gens : les bons citoyens « normaux » et les autres. Pour sauver les
« normaux » il faudrait isoler les « anormaux », les empêcher de fréquenter les mêmes lieux. Il faudrait éradiquer les « anormaux » en les privant de tout moyen de
subsistance (les allocations familiales). Et peu importe si de telles expériences ont déjà été menées à l’étranger et ont fait la preuve de leur iniquité (on sanctionne financièrement des
familles déjà en difficultés financières) et de leur inefficacité (suite à ces mesures, l’absentéisme scolaire a augmenté en Angleterre). Le Grand Homme est vraiment impayable !
Nous avons donc le descendant des frères Marx, après Chico, Groucho, Harpo, voilà…Sarko !
Et puis tout ça est forcément de
l’humour, parce que si cet Homme était aussi cynique et dangereux que ses discours le montrent, plus personne ne voterait pour lui…Non ?...Quoique…
Cédric Forcadel, Romilly sur Andelle
En sanctionnant massivement la droite lors des élections régionales, les Français-e-s ont exprimé leur colère et leur exaspération face à la politique du gouvernement.
Ils n’ont pas demandé à Nicolas Sarkozy de procéder à un énième jeu de chaises musicales. C’est pourtant ce qui se dessine avec cette nouvelle mouture du gouvernement Fillon qui n’annonce rien de bon.
La droite pousse la provocation jusqu’à nommer Eric Woerth, un cost killer aux Affaires sociales qui a déjà sévi au ministère du budget pour mettre en œuvre la redoutable RGPP. Le Président de la République méprise ouvertement le vote des électrices et des électeurs.
Je demande que la réforme des retraites soit abandonnée et que le gouvernement stoppe impérativement la casse des services publics. Les Français-e-s auront l’occasion de le dire demain, en défilant massivement pour défendre leurs retraites et dire leur aspiration à une autre politique.
Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF