Nadir Dendoune est journaliste français. Pour humanite.fr, il "fait le voyage", à l’envers de ses parents. Premier épisode : j’ai rien oublié ?
Je suis Français. Même si je montais en haut du Mont-Blanc et je criais fort le contraire. Même si le ministre de l’Immigration disait le contraire. C’est pas de ma faute, mon frère. Je suis né ici. Ici, et pas ailleurs. Je n’ai pas fait le voyage. Parfois, j’arrive à penser que j’aurais bien aimé faire le « voyage » justement, à cause de la maladie de l’identité. Mes parents, eux, sont bien venus d’ailleurs, encore que, l’Algérie en 1950, c’était comme la Corrèze, ou Neuilly-sur-Seine, c’était la France. Demain, je vais en Algérie. En plein débat sur l’Identité Nationale, allons-enfants-de-la-patrie, la main sur le cœur, la larme à l’œil, ce voyage risque de me faire du bien. J’ai failli écrire je retourne en Algérie, tellement Sarko et ses sbires nous en mettent plein dans la gueule. J’ai une mauvaise nouvelle pour vous messieurs-les-distilleurs-de-haine, pas question qu’on s’assimile, pas question qu’on accepte vos règles du jeu. Votre conception de l’Identité, vous pouvez vous la mettre où je pense. Demain, à la même heure, je marcherai sur les terres de mes ancêtres. J’ai le cœur qui roule aussi vite qu’un TGV lancé à toute allure, qui vient de quitter Paris, pour rejoindre Marseille. C’est la cinquième fois que je pars en Algérie. Je vais à Alger. Ne soyez pas surpris si je vous dis que je ne connais pas cette ville. J’avais à peine cinq ans la première fois que je suis allé au « bled ». J’étais resté trois mois et en revenant, je ne parlais plus français. Je m’en souviens : ma frangine m’avait balancé un truc et j’avais rien capté. Il avait fallu réapprendre la langue de Camus. Peut-être que c’est durant cette période, que ma parole s’est déréglée. Et le reste, d’ailleurs…Platon disait que la parole est l’âme de l’homme. Deux ans plus tard, mes parents nous avaient emmenés une nouvelle fois en Kabylie. Une belle baraque, des chambres partout et un jardin aussi beau que l’amour que porte mon père pour ce pays, son pays. J’y suis retourné en 1986, j’avais 15 ans, et j’avais passé des vacances touts pourries : un ado perdu au fin fond des montagnes berbères. J’avais attendu 17 ans pour traverser une nouvelle fois la Méditerranée. Un voyage d’une dizaine de jours pour oublier 1986. Mon sac est prêt.
Je n’aurais pas dû dire que je partais en Algérie parce que mes amis m’ont demandé de leur ramener des tas de trucs. Sakina veut des poivrons. Un kilo, ça ira, qu’elle m’a dit. Elle est gonflée cette petite. Mais, elle est extra alors j’essaierai d’y penser. Si j’oublie, je pourrais toujours aller au marché de Saint-Denis, c’est à dix minutes de chez moi et les légumes là-bas, sont champion olympique. Sakina m’a prévenue, je sais reconnaître les poivrons d’ici. Abdel et Yacine veulent un maillot de l’équipe de foot nationale, qui s’est qualifiée dernièrement avec brio pour la prochaine Coupe du Monde. Karim aimerait que je dépose un téléphone portable chez son oncle. Depuis qu’une partie de la presse et de la classe politique s’est offusquée que Diam’s se soit convertie à l’Islam, Kahina veut un beau foulard. Un musulman qui fait le chemin inverse reçoit presque la légion d’honneur. Kahina a envie d’être dans la provoc’. Ma maman veut un bidon d’huile d’olive. Ilhame aimerait que je lui trouve un mari, un bonhomme indépendant qui assume, qui n’a pas peur de l’engagement, qui n’a pas peur de dire à une nana qu’il est raide dingue d’elle : un anti-moi, quoi !
Le sac est prêt. Hier, je suis allé à une veillée funèbre. On enterre Chantal mardi, je ne serais pas là. J’ai attendu trois semaines pour aller la voir à l’hôpital et quand je suis arrivé à la clinique pour la serrer fort dans mes bras, j’ai appris qu’elle venait de partir le matin même. Ne jamais remettre ce qu’on peut faire au lendemain. Et puis, peut-être moins courir… J’ai refait mon sac dix fois. Toujours peur d’oublier des trucs. J’ai mon appareil photo. Je suis tellement excité que j’oublie que je vais à Alger d’abord pour le boulot. Le salon du tourisme ouvre ses portes mardi 1er décembre. Les autorités ont mis le paquet. Ils aimeraient que les touristes débarquent en masse. Ils voudraient qu’ils effacent de leurs mémoires toutes ces années terribles, où des dizaines de milliers d’Algériens ont trouvé la mort, parfois dans des conditions atroces. Le pays est tellement beau. Il mérite que des millions de paires d’yeux viennent le découvrir. Il mérite qu’on l’aime à sa juste valeur.
Nadir Dendoune
Les résultats du vote des militants publiés avant hier n’ont pas pu départager les trois motions en présence sur la stratégie à adopter en vue des élections régionales de mars prochain.
Le NPA est-il en train de vivre sa première grande crise depuis sa naissance en janvier 2009 ? Publiés dimanche, les résultats du vote des 4 500 adhérents (sur 8 000 revendiqués) sur la stratégie à adopter pour les régionales de mars 2010 n’ont pas permis de dégager une position majoritaire ; il y a un partage des voix assez équilibré entre les trois motions.
Approuvé par 36,3% des votants, le texte A signé par Olivier Besancenot et la direction ferme la porte à une alliance avec le Front le gauche. La motion C, qui milite au contraire pour des listes unitaires, recueille 31,5% des voix. Ce courant se voit ainsi renforcé au sein de ce parti où les tenants d’une position particulièrement sectaire (texte B) ont également obtenu un score non négligeable, avec 28,5%.
La direction devra-t-elle s’allier avec cette minorité pour arriver à son but initial, au point d’être complètement imprégnée par le courant le plus réfractaire à l’union ? Tel n’est pas le scénario, selon Pierre-François Grond. « Nous préparons une motion de rassemblement qui tienne compte des deux autres textes ». Le conseil politique national du 13 décembre prochain tranchera. « Mais d’ores et déjà se dessine la possibilité d’avoir quelques accords unitaires dans six ou sept régions et des listes NPA partout ailleurs », ajoute le bras droit d’Olivier Besancenot. Il précise : « On aura 2/3 de listes NPA et 1/3 de listes unitaires, essentiellement là où le PC envisage de partir avec le PS » dès le premier tour du scrutin.
Pierre-François Grond a refusé de donner le vote en région parisienne, où visiblement le texte C l’emporterait.
« L’Île-de-France a une dimension nationale, il n’y aura donc pas une exception dans cette région », assure-t-il. Les résultats du vote des militants montrent un parti largement fragilisé, confronté à une crise existentielle. Ce qu’explique à sa manière Leïla Chaïbi, membre du comité exécutif. « Quand la LCR s’est transformée en NPA, certains adhérents pensaient qu’il s’agissait-là d’une ouverture. Or, d’autres courants, avec une ligne dure et révolutionnaire, venant, entre autres, de LO ont compris autre chose. Du coup, on se retrouve avec des visions contradictoires au NPA. »
La jeune animatrice de l’Appel et la pioche s’est prononcée pour des listes unitaires, alors qu’elle s’était exprimée, lors du débat sur les européennes, en faveur du « cavalier seul », à l’image de la grande majorité des congressistes. Affaire à suivre…
Notre ministre de l'intérieur a trouvé une nouvelle idée pour pousser encore un peu plus loin la bêtise de la stigmatisation.
Il s'en prend cette fois aux jeunes de moins de 13 ans ! Il les voit partout dans les nuits froides françaises, une matraque à la main en train d'agresser les brav'gens. Arrêtons de faire croire à nos concitoyens que la plupart des jeunes mineurs, à peine sortis de l'enfance, rôdent dans tous les quartiers de nos villes à l'affut de la moindre infraction.
Il ne s'agit pas pour moi d'exclure la réalité, mais je veux les bonnes informations. Et les bonnes informations ne sont pas celles que le ministre donne. En réalité, très peu d'enfants sont dans la rue la nuit, et le peu qui y sont (malheureusement) ne sont pas non plus des chef de bandes féroces.
Hors mis la démarche idiote et populiste, pour ne pas dire ségrégationniste de la droite sur ce coup là, chacun doit savoir que cette mesure est, dans les faits, inapplicable : comment reconnaître un enfant qui a commis un délit d’un autre ? Les propos du ministre ressortent en réalité de la volonté de faire croire que seule la surenchère répressive peut produire des effets, dans la logique de la politique menée toutes ces dernières années, pourtant restée sans effet sur la délinquance.
Il s’agit donc d’une énième tentative de reprendre en main un thème porteur de l’UMP, la sécurité. Après Eric Besson et sa « consultation citoyenne » sur l’identité nationale, voici Brice Hortefeux et son couvre feu pour jeunes boutonneux ! Lol... Ça sent les élections tout ça.
Comme souvent à la suite de cette réflexion, il est à craindre un projet de loi qui va une fois de plus stigmatiser la jeunesse mais qui ne va en rien régler une situation pourtant très délicate.
Rappelons que, ces dernières années, des tribunaux administratifs ont invalidé des arrêtés municipaux instaurant des couvre-feu pris à l’encontre des mineurs ce qui montre bien la limite de la démagogie sécuritaire.
Il s’agit donc d’une proposition très dangereuse qui fait suite à une radicalisation du gouvernement sur les questions sécuritaires qui doit donc être fortement combattue.
Décidément ce cher Brice et sa horde gouvernementale, défrichent de mieux en mieux les vieux standards du FN. La copie meilleure que l'originale ? Affaire à suivre.
AL
Les élections régionales de mars 2010 se dérouleront à mi-chemin du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Elles seront aussi la dernière élection avant 2012 pour s’exprimer sur la politique conduite dans le pays.
Le conseil national du Parti communiste français a fait une offre politique le 25 octobre 2009 pour changer la donne dans le pays.
Chômage, inégalités et pauvreté, remise en cause des droits des femmes, détresse au travail, atteintes aux libertés, mal vie dans les quartiers, crise agricole et alimentaire, alertes
écologiques… tous les clignotants sont au rouge mais le gouvernement est sourd aux revendications des citoyens, des salariés.
Loin de combattre la crise, la politique de Nicolas Sarkozy et de sa majorité UMP se révèle être une politique injuste et égoïste au service de la seule classe dominante, des privilèges de l’argent et des logiques de rentabilité. C’est le peuple qui paie la crise, alors que la spéculation et la bourse se relancent comme avant. Et la droite veut faire des régions des relais de cette politique !
A gauche, entre volonté d’« alliances au centre », de « primaires », instrumentalisation de l’écologie, arrangements avec les idées libérales qui ont failli et repli sectaire... les fausses pistes ne manquent pas pour aller à l’échec dans les régions comme dans le pays.
Il n’est pas possible d’en rester là ! C’est une exigence pour changer nos vies.
1. Soit les régions deviennent des relais de la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy ou accompagnent cette politique sans réellement la combattre. Soit elles deviennent des pôles de résistance à cette politique, de luttes et de propositions pour promouvoir d’autres logiques. Nous voulons des projets régionaux porteurs notamment de la défense et la promotion des services publics, de luttes contre les discriminations et pour l’égalité, d’un changement des critères d’utilisation de l’argent, de la relance de politiques industrielles, agricoles et urbaines pour un développement socialement solidaire et écologiquement durable, de nouveaux droits et pouvoirs d’intervention pour les salariés et les citoyens.
2. La présence de Nicolas Sarkozy c’est la concentration et la confiscation des pouvoirs à un niveau caricatural et une attaque en règle contre les libertés et les droits démocratiques. Nous voulons au contraire porter une conception offensive de la démocratisation du pouvoir dans tous les domaines : État, collectivités, entreprises, faire preuve d’audace en matière de droits des citoyens et des salariés, faire prévaloir des logiques de coopération entre les collectivités contre les logiques de mise en concurrence.
3. Ce n’est pas le moment de baisser la garde à gauche. La gauche gagnera si elle va à ces élections avec des projets ambitieux, novateurs et courageux. La gauche mobilisera si elle a un projet clair et combatif, qui favorise l’intervention populaire pour faire face aux urgences sociales.
C’est avec l’ambition de relever ces défis que le Parti communiste lance un appel à toutes les forces, à toutes les femmes et les hommes de gauche, comme du mouvement syndical, social, associatif, issus de la ruralité comme des grandes zones urbaines et de leurs quartiers populaires, à travailler ensemble pour que puisse s’exprimer dans ces élections, de la manière la plus forte et la plus claire possibles, la volonté de politiques et de majorités régionales résolument engagées à gauche.
Partout où les conditions peuvent en être créées, où les forces disponibles existent, le Parti communiste propose que ce travail commun débouche, autour d’objectifs et de projets clairs, sur la constitution de listes de Front de gauche de large rassemblement au 1er tour, qui, à partir mais très au-delà des trois forces qui se sont rassemblées à l’élection européenne (Parti communiste, Parti de gauche, Gauche unitaire), permettraient de réunir toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cette démarche.
Ces listes, les communistes veulent les ouvrir à des forces nouvelles et faire une large place à toutes les femmes et tous les hommes, citoyens, militants du mouvement social, élus locaux qui, dans leur diversité, partagent l’urgence de cette démarche.
En ouvrant un autre choix que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie, les communistes veulent lever une dynamique de victoire à gauche sur des choix clairs. Ces listes ne sont pas en opposition au reste de la gauche : elles sont un moyen de réveiller la gauche !
- Construire de la manière la plus ouverte et la plus participative possibles les projets régionaux clairement ancrés à gauche que devront porter ces listes et créer autour de ces projets les conditions du rassemblement le plus large.
- Tout faire pour empêcher la droite de reconquérir les régions, et créer par tout les conditions de majorités régionales de gauche, avec l’objectif de porter dans ces majorités des projets de transformation sociale réelle, et si les conditions en sont créées de travailler à leur mise en œuvre, jusque dans les exécutifs régionaux. Cela supposera de travailler sans ambiguïté au lendemain du premier tour à la fusion des listes de gauche et écologistes, donc à l’exclusion du Modem, dans le respect de l’in- fluence de chacune de ces listes.
- Tout faire pour élire dans ces majorités de gauche le maximum d’élus à même de porter ces objectifs avec détermination durant tout le mandat.