A la demande du Front de Gauche, la Communauté d’Agglomération Seine Eure a adopté hier une motion à l’unanimité qui va dans le sens de celle prise par le Département 27 la semaine dernière, à savoir : la possibilité d’exproprier M-real dans le cas ou le groupe finlandais camperait sur sa décision de ne pas donner suite aux négociations avec les repreneurs.
La demande fut également faite au maire de Pîtres et de Pont-de-l’Arche qui devraient très rapidement prendre les mêmes dispositions.
Cette avancée va permettre d’exiger encore un peu plus fort que le groupe finlandais se positionne clairement sur sa stratégie à venir. Elle va aussi appuyer le vœu que nous faisons de voir la Région Haute-Normandie affirmer tout aussi clairement sa position en faveur de l’expropriation.
Les élus de la Communauté d’agglomération Seine-Eure s'inquiètent du risque de disparition de l'activité papetière de l'entreprise M-REAL, implantée sur le site de la Commune d'Alizay, et employant 330 salariés directs, qui représente 600 emplois au total.
Considérant que cette situation, très préjudiciable à la situation économique, sociale et commerciale locale et régionale, ainsi qu'aux intérêts légitimes des salariés, serait susceptible d'être évitée dans la mesure où plusieurs repreneurs du site sont candidats ;
Considérant que dans le cadre d'un bilan global "coût-avantages", il est indiscutablement nécessaire au principe de bonne gestion des deniers publics de privilégier la poursuite de l'activité industrielle sur un site dédié dans un bassin d'emploi efficient et le maintien des outils de production plutôt que de les exposer aux procédures coûteuses et stériles de démembrement foncier, de destruction immobilière, de démolition et de dépollution du site ;
Considérant que l'intérêt général suffit, surabondamment et à lui seul, à rendre légitime l'expropriation administrative pour cause d'utilité publique, dès lors que celle-ci rend des services à la collectivité publique ;
Après en avoir délibéré, le conseil communautaire :
- Demande qu'en cas de refus de la cession du site industriel M-REAL à l'un des candidats repreneur, le Gouvernement entreprenne les mesures d'expropriation dans le but de maintenir l'activité papetière du site avec l'un des candidats repreneur ;
- Demande que ce projet d'intérêt général soit mené en concertation avec les services de l'Etat, la Région Haute-Normandie, le Département de l’Eure, la Communauté de communes Seine-Bord et la Commune d'Alizay.
Après le vote à l’unanimité du Département, initié par Gaëtan LEVITRE, se prononçant pour une expropriation de M-real dans le cas où les Finlandais ne reviendraient pas sur leur décision de rompre toute négociation avec un des repreneurs, ce fût au tour de Jean-Luc LECOMTE, Conseiller régional et président du groupe Front de Gauche d’intervenir en assemblée mardi dernier. Malheureusement l’organisation même de cette assemblée où il n’est pas prévu d’y voter (une démocratie passive ?) a laissé un goût amer aux salariés ainsi qu’aux élus communistes et du front de Gauche.
La réponse du président Alain LE VERN faite à Jean-Luc LECOMTE est en dessous de ce qui est demandé. Ce n’est pas d’une énième motion envoyé au premier ministre dont nous avons besoin à ce moment de la lutte mais bien d’une convergence active de toutes les instances publiques vers une exigence claire : le maintien de l’activité industrielle avec comme outil, l’expropriation au titre de l’utilité publique.
Le Front de Gauche du canton de Pont de l’Arche et tous leurs élus demandent expressément qu’Alain LE VERN, Président du Conseil régional, se positionne clairement sur cette question !
Gaëtan LEVITRE, est intervenu hier en Session du Conseil général sur la situation de M-real. Intervention qui devrait aujourd’hui se traduire par le vœu du Département de voir la situation de l’entreprise progresser du côté du maintien de l’activité industrielle et notamment, s’il le faut, activer les mesures d’expropriation en cas de refus de cession du site M-real à l’un des repreneurs.
Dans la journée, le voeu (et les votes) prononcé sera mis en ligne...
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Le salon des maires est un rendez-vous annuel majeur de l’achat public territorial. Mais cette année, il a pris une tournure particulière puisqu’il accueillait à bras ouverts le groupe Metsa Tissue, filiale de la coopérative Metsäliitto (qui comprend également M-real).
Quelle fût la réaction outrée des salariés et du collectif lorsqu’ils ont appris la présence sur le territoire français de ces menteurs nés. Ces gangsters de la finance qui se gargarisent par voie de communication de leur éthique toujours bien placée mais qui, dans la réalité ont des comportements de carnassiers en direction des emplois et de la population française.
Oui, nous pesons nos mots devant un tel scandale ! Comment l’Etat qui nous assure depuis tellement longtemps ne pas avoir de moyens de pression sur la coopérative laisse-t-il s’installer en France, qui plus est, au salon des maires, un groupe qui détruit l’emploi, qui ne respecte pas ses engagements (M-real en vente ne veut plus vendre) et qui ridiculise purement et simplement les élus de la République et tout un peuple ?
C’est donc la raison pour laquelle, nous étions plus de 150 ce matin à venir rendre une petite visite à ces bandits en cortège compact et bruyant. Aux sons de l’intersyndicale et de cris contre les voyous de Metsa Tissue, nous avons manifesté pendant près d’une heure dans ce salon feutré. Nous avons donc réussi brillamment notre action puisqu’elle a été largement médiatisée.
Rien ne peut résister à la lutte lorsqu’elle est juste : et celle des M-reals l’est !
Aujourd’hui, que l’Etat arrête lui aussi de mentir et qu’il active tous les moyens de pressions dont il dispose pour enfin forcer le groupe finlandais à vendre le site d’Alizay à un des repreneurs identifiés.