Hier, à Hénin-Beaumont, le Front national a été battu. Les électrices et les
électeurs de cette ville ont à la fois repoussé un parti populiste et xénophobe tout en envoyant un message à la gauche.
Ce message doit être entendu. La gauche, notamment le Parti socialiste, doit tirer toutes les leçons de cette élection municipale partielle dans une région populaire, très durement frappée par le
chômage, par d’explosion de toutes les formes de précarité.
Hier , à Hénin-Beaumont, je crois qu’il y a d’abord un appel à une gauche rassemblée sur ses valeurs, avec une exigence d’équité, d’honnêté, de transparence. Une gauche en capacité de porter un
projet audacieux face au chômage et de le mettre en œuvre.
La quasi-totalité des forces de gauche, dont le Parti communiste français dès le soir du premier tour, ont appelé à faire barrage au Front national. On ne tergiverse pas en de pareilles
circonstances. Pour ne plus connaître une telle menace, pour battre la droite durablement, les forces progressistes doivent se doter d’un projet d’avenir, constituer les fronts les plus larges
possibles sur des objectifs politiques clairs à la hauteur des enjeux, et des majorités politiques pour agir.
Le jeu des chaises musicales ministérielles a pris fin hier. Des candidats ont perdu leur place, d'autres en ont arrachée une.
Dans le cadre du grand chambardement annoncé par Sarkozy, la liste des sortants-sortis et des entrants ressemble de plus en plus à un casting de cinéma, série B.
Au revoir Albanel, Dati, Boutin et Jégo !
Tous ces ministres et secrétaires d'Etat partants s'en vont en laissant derrière eux un désastre social : Albanel et la déroute HADOPI, Dati et ses fermetures de tribunaux, Boutin et sa loi sur les quartiers, Jégo et les mouvements sociaux toujours non règlés aux Antilles,...
Leur départ ne signifie pas que le Maître soit en désaccord avec leurs actions. Ils servent simplement de fusibles.
La preuve en est la promotion de Hortefeux au ministère de la Police et celle de Darcos au Ministère du licenciement économique du Travail. L'un et l'autre traînent pourtant une image peu reluisante. Hortefeux reste l'homme qui se vantait d'expulser hommes, femmes et enfants vers la misère et parfois pire. Darcos a laissé une éducation nationale en flamme. Chacun d'eux va pouvoir appliquer ses "talents" à d'autres tâches.
Le robinet de l'ouverture est fermé
Au niveau des surprises annoncées, il y avait de la déception dans les médias ! En guise de people, après Kouchner et Besson, la droite n'a pu trouver que Frédéric Mittérand et l'obscur Michel Mercier. En terme de guest stars, l'affiche est triste ! On aurait aimé voir Akhénaton à la Culture, François Chérèque aux Affaires Sociales, Bozo le Clown à l'économie (il n'aurait pas fait pire que Christine Lagarde et cela aurait été plus drôle, en ces temps moroses ...), ...
Et puis, avec Frédéric Mittérand, la droite "parle d'une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître" (Merci Aznavour !). L'ex-présentateur télé, ex-neveu de son Tonton de Président, végétait doucement à Rome. Le voilà rapatrié à Paris : "mais qu'allait-il faire dans cette galère ?" (Merci Molière !) pourra-t-on se demander dans quelques temps !
Quant au sénateur Mercier, trésorier du MODEM, il connait enfin son "quart d'heure de célébrité" (Merci Andy Warhol !). Son embauche ressemble plus au coup de pied de l'âne (de Sarkozy à Bayrou, cqfd) qu'à une entrée au gouvernement pour ses qualités de tribun ! Ceux qui l'ont écouté ces dernières heures, notamment sur France Info, savent déjà que ce n'est pas un grand communicant.
Bruno Le Maire : la petite bête politique qui monte, qui monte,...
Par contre, en voilà un qui fait le caméléon et qui arrive rapidement à se hisser en haut de l'échelle : c'est Bruno Le Maire !
Retracer sa fulgurante carrière politique, c'est essayer de résumer en trois ans les trente ans de carrière de Sarkozy !
De chef de cabinet de Villepin, il est devenu député de chez nous suite à un héritage chiraquien par la grâce du baron Debré. Dans la foulée, il est candidat aux municipales d'Evreux en 2008 (son seul échec !). Puis le voilà propulsé Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes la même année. Désigné tête de liste aux régionales hauts-normandes pour l'UMP en 2008 également, le voilà, un an après, Ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche ! ...
On résume : chef de cabinet de Villepin (2007), élu député de l'Eure (2007), vise le poste de maire-adjoint d'Evreux (2008), Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes (2008), ministre de l'alimentation et de l'agriculture (2009), vise le poste de président de la région Haute-Normandie (2010). Candidat aux présidentielles 2012 ???
Après avoir été chiraquien convaincu sous Chirac et sarkozyste convaincu sous Sarkozy, après avoir été eurois convaincu pendant un an et demi, européen convaincu pendant un an, paysan convaincu maintenant et normand convaincu le temps de la campagne des européennes en 2010, un jour peut-être sera t-il villepiniste convaincu si de Villepin réussi son retour ou, pourquoi pas, ministre d'ouverture convaincu si la gauche revient aux affaires en 2012 ?
Que ne ferait-on pas pour une carrière !
En guise de remaniement, Sarkozy nous a offert un spectacle fadasse avec l'arrivée de seconds couteaux émoussés, la sortie de comédiens usés et la promotion dans des rôles titres des premiers de la classe.
Le scénario, lui, ne changera pas ! Le réalisateur nous l'a promis dans un talk-show à Versailles et la maison de production, au MEDEF, veille au contenu artistique de l'œuvre.
Voilà qu’on nous bassine depuis 15 jours avec la soi-disant victoire de la droite aux européennes.
Attention de ne pas tomber dans le panneau !
Cette victoire proclamée est plus une
opération de communication qu’une réelle percée des ultralibéraux.
Et les chiffres sont têtus. 28% (sur 43% du corps électoral) ont voté pour l’UMP. Alors un peu de pudeur Messieurs les nantis, cela nous éviterait de voir vos amis acteurs jouer des scènes
pathétiques dans des émissions de télévision que l’on pourrait appeler : la comédie de la victoire et qui se résumerait à narguer le peuple sur l’air des lampions : On a gagné, on a
gagné.
Mais quand les sbires de Sarkozy crient victoire, c’est le monde du travail qui a des raisons de craindre le pire. Et là, c’est de réalité dont je parle.
Aussi, avec la complicité des médias, on nous explique à longueur de journaux, d’émissions politiques, que ce sont les listes qui ont parlé d’Europe qui ont été récompensées au 7 juin dernier. Mais de qui se moque-t-on ? La droite n’a cessé d’occuper le terrain de sa campagne « éclair » sur le thème de l’insécurité provoquée par les enfants des écoles. Si ça c’est pas démagogique ça…
Les médias n’ont cessé de faire
et de défaire leurs grands maîtres du jeu politique.
Au lendemain des élections, c’est Cohn Bendit qui fut le grand manitou. Juste
avant c’était Bayrou puis Besancenot qui reçut le titre suprême de principal opposant à Sarkozy.
Tout cela n’est pas bien sérieux, surtout quand on voit comment la droite dure vote par exemple l’assouplissement du « prêt de main d’œuvre » entre entreprises, qui permet de louer des hommes comme on loue un outil.
Pendant que le pouvoir amuse la galerie,
que les force politico-médiatiques font et défont leurs Rois, la plus terrible hécatombe d’emplois industriels laisse sur le carreau 2 000 hommes et femmes par jour. Si c’est pas de l’alarme
ça ! La crise elle-même est instrumentalisée, on le sait bien.
Alors ne nous laissons pas berner par ce jeu de chaises musicales cauchemardesque. L’appel des sirènes comme on dit.
Sans en référer à ses petits camarades du parti socialiste, Manuel Valls annonce sur l’Autel des médias sa candidature à des primaires pour les élections présidentielles prochaines.
Quel ego n’a-t-il pas « le Manu » ! Aller au 20h00 pour expliquer comment tordre un peu plus la gauche au bénéfice du sauveur Valls (à 1000 temps, lol).
Soyons sérieux et j’espère que la gauche n’accordera que peu d’importance à ce trublion mégaphonique de la droite sociale démocrate qui n’a qu’une idée en tête : refonder la droite de la gauche et… la gauche de la droite ? (Mouais, cette tournure de phrase relate pas trop mal son ambition qui, évidemment tournerait autour de l’homme providentiel Valls. Il va sans dire).
Affaiblissant encore un peu plus son propre camp, « le Manu » adore de plus en plus la couleur bleue, laissant peu à peu se délaver le rose de ses pères. (qui doivent avoir le poing serré d’énervement).
Mais cette mutation personnelle va se faire crescendo bien sûr : les palettes de couleurs sont vastes et son grand écart politique peut trouver cohérence dans l’orange.
Caméléon de la dernière heure, « Le Manu » n’a pas manqué de recevoir les félicitations de l’UMP quant à sa performance audacieuse.
Décidemment, la politique, pourtant noble et belle lorsqu’elle se pratique au bénéfice de l’intérêt général, revêt ses côtés sombres lorsqu’elle est utilisée comme moyen de satisfaire sa petite gueule avant tout (oups, je m’emporte…)
Pauvre petit Valls(eur) ! Attention de ne pas te prendre les pieds dans le tapis…
AL
Le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche ont décidé de ne pas se rendre à l’opération politique de Nicolas Sarkozy à Versailles.
Il ne manquerait plus que ça !
Ceux qui feront le déplacement écouteront, en bons petits soldats, le Président pavoiser et s’auto satisfaire de la politique menée en France et en Europe. Il repartira ensuite et nos chers petits parlementaires commenteront ce que Nico le sanguin a dit !
Ce cours magistral de l’UMP expliquera sans doute que la fusion des départements et des régions permettra des économies à la France, qu’il faudra aller au delà des 34 000 suppressions d’emplois de fonctionnaires déjà prévus (et expliquant que c’est bon pour le service public tout entier) ou bien que le tremplin libéral est la seule alternative pour sortir de la crise…
A gauche, certains font vœux de silence. Ainsi les socialistes iront écouter le petit monarque au Congrès mais ne participeront pas au simulacre de débat.
Il faut savoir que ce rendez-vous est assez nouveau. Il émane d’une modification de la constitution survenue en juillet 2008 qui renforce le poids de l’exécutif et bâillonne un peu plus l’opposition. Rien que cela suffirait à justifier le boycott. Mais le Président Sarkozy veut aller bien plus loin que ça : il veut développer la régression sociale en faisant pression sur les salaires, l’emploi, la remise en cause des acquis sociaux comme la retraite à 60 ans.
Vous comprenez bien qu’il n’était pas possible pour nous de cautionner cette opération de communication qui vise à nous faire avaler une politique qui est la plus rétrograde depuis ces trente dernières années.
AL