C'est abracadabrantesque, comme disait "l'autre". Des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour
dire au Président que ses tours de passe - passe ne marchent plus et que désormais il faut du concret et du bon sens à l'école, pour les retraites, pour la justice, pour le porte monnaie des
français (et la liste est longue), et que fait-il ? Il passe en force, brutal qu'il est le bougre ! "J'ai décidé, ce sera fait".
Plus grave encore, il veut maintenant graver cette logique fanatique dans les institutions. A ce sujet la mesure la plus médiatisée est la possibilité pour le président de
s'exprimer à la place du premier ministre devant le Parlement : attention, cette perche médiatique cache des logiques beaucoup plus graves comme
la concentration accrue des pouvoirs dans les mains du seul Président. La vie démocratique devrait dès lors se réduire entre deux élections présidentielles à la conquête de l'Elysée, avec deux
partis à l'américaine conçus pour être des écuries de présidentiables. Deux partis et une seule tête : voilà la vision de la démocratie française, selon Sarkozy aujourd'hui.
Les démocrates doivent s'opposer à cette dérive
A gauche, le Parti socialiste tergiverse, croyant pouvoir négocier sa part du gâteau. En 2001, Lionel Jospin avait cru juer fin en inversant le calendrier électoral pour finalement tout perdre.
Sans le concours de voix de la gauche, la droite ne peut imposer son projet au Congrès.
La gauche n'a pas à jouer ce jeu dangereux, mais à promouvoir d'autres réformes démocratiques. Si cette idée fait son chemin dans le pays, le coup de force sarkoziste peut être tué
dans l'oeuf.
Arnaud
Levitre.
par Section de Pont-de-l'Arche, Val de Reuil, Louviers
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Politique
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