Je vous livre aujourd’hui un témoignage paru dans l’ « Humanité dimanche » de cette semaine. Il met en lumière le climat dans lequel les étrangers
vivent sur notre territoire aujourd’hui. Ce pas bien reluisant tout ça. Parfois j’ai honte…
Témoignage :
Je suis de nationalité franco-colombienne, comme Ingrid Betancourt. Je suis assistante sociale et mère de 3 enfants.
L’année dernière, lors des cérémonies voulues par le président de la république concernant Guy Môquet, certains lycéens du lycée Carnot, à Paris s’opposèrent à l’appropriation de la mémoire de la Résistance par Sarkozy.
Alors que j’étais présente à ce moment pour les soutenir, le sous-préfet Lacave m’interpella ainsi :
« Attention madame, je représente la République ».
Je lui répondis : « Oui, mais pas celle que voulait Guy Môquet ».
Cela ne lui a pas plu. Quelques minutes après je me suis retrouvée menottée et menacée de la sorte : « Toi, l’étrangère, ce sera l’expulsion immédiate », m’a dit l’un des policiers.
Aujourd’hui je suis accusée par le sous-préfet pour outrage. Me Thierry Lévy assure ma défense et Odette Nilès , qui fut l’amie de Guy Môquet, me soutient. A l’heure où l’on célèbre l’heureux dénouement de la libération d’Ingrid Betancourt, il est bon de rappeler mon parcours, heureusement moins dramatique, mais tout aussi emblématique de la situation vécue par les étrangers au « pays des droits de l’homme ».
Maria Vuillet. Paris.
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