Le mot pour dire

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LE MOT POUR DIRE

Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /2009 11:07

Le gouverneur de la Banque de France met en doute le bien-fondé du versement de 10,5 milliards d’euros d’aides supplémentaires aux établissements.

Cela n’a pas traîné. Un mois seulement après avoir abondé en décembre les fonds propres aux grandes banques françaises à hauteur de 10,5 milliards d’euros, l’État versera « très prochainement » une deuxième tranche de 10,5 milliards. Des fonds destinés, selon la ministre de l’Économie, « à renforcer les fonds propres des banques, afin qu’elles puissent faire des prêts à l’économie ».

Les bénéficiaires seront les mêmes que la dernière fois : la Société générale, la BNP Paribas, le Crédit agricole, les Banques populaires, les Caisses d’épargne ainsi que le Crédit mutuel.
Cette nouvelle injection suit les engagements massifs des États européens, qui visent officiellement à assurer la survie des banques mais surtout à réactiver le marché du crédit. Car, selon Nicolas Sarkozy, « le système est simple : plus les banques ont des fonds propres, plus elles prêtent ». La réalité ne semble pas si rose, puisque, de l’aveu même de la ministre des Finances et du médiateur du crédit René Ricol, les banques doivent être rappelées à l’ordre pour tenir leur mission.


De son côté, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a implicitement mis en cause la pertinence de ce renflouement, en déclarant avant-hier que les établissements restent « globalement rentables », et qu’ils n’ont « pas vraiment » besoin « d’un tel renforcement de leur solvabilité et de leur capital ». « Nos banques sont saines et solides et affichent toujours des ratios de solvabilité élevés, au-dessus des seuils prudentiels minimaux », précise-t-il.

Et en effet, la Société générale a indiqué hier qu’elle anticipe un bénéfice net de 2 milliards d’euros pour l’année 2008. Pourtant, la banque accueille volontiers la seconde tranche d’aides de l’État, à hauteur de 1,7 milliard d’euros. Quant aux dividendes versés aux actionnaires, la banque se positionnera le 17 février, lors de son conseil d’administration.

Des informations qui tendent à confirmer celles du Canard enchaîné. Dans sa dernière édition, le journal satirique, citant une étude non publiée de la Banque de France, révélait que les banques ne cessent d’augmenter leurs marges.

De novembre 2007 à novembre 2008, « les marges de découverts et de crédits revolving ont crû de 15,6 % et celles sur les crédits à la consommation de 44,5 %. Côté entreprises (…), les marges sur les crédits de trésorerie ont flambé de 69 % et celles sur les crédits d’investissements à 82 % ». Le contribuable paye ainsi doublement la crise, il fournit au travers de ses impôts des aides aux établissements bancaires pour ensuite se faire flouer par les banquiers qui n’ont qu’un objectif : retrouver leurs marges.

Hormis la « contrepartie » portant sur les bonus des patrons et la « limitation » des dividendes, ce nouveau plan présente enfin, comme le précédent, une grave lacune : l’État se refuse à entrer dans le capital des banques et donc se prive des moyens de contrôler la bonne utilisation des fonds publics, au service de l’emploi et de l’économie.

Par Section de Pont-de-l'Arche, Val de Reuil, Louviers - Publié dans : politique économique - Communauté : Les blogs communistes
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