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Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité
Signez l’appel en ligne !
Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.
Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.
La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.
Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.
Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle.
Pour signer en ligne :
http://nonalapolitiquedupilori.org/
« Le drame dans l’imaginaire,
C’est que l’on peut commettre les pires forfaits…
On est assuré de l’impunité.
Et puis, coté cour, une cage d’oiseau
suspendue à un cintre !
A l’intérieur de la cage, un mainate.
Mon mainate !
Alors là, arrêtons-nous un instant !
Un mainate, c’est un oiseau noir qui parle couramment
La langue de celui qui lui adresse la parole.
Ne pas confondre avec le perroquet
Qui ne fait que répéter ce qu’il entend.
Non ! Le mainate, lui, pense ce qu’il dit.
Il est pour moi un interlocuteur valable, le seul !
Mon mainate est originaire de Malaisie.
Il a migré en France clandestinement.
On n’imagine pas le nombre d’oiseaux étrangers
qui viennent se réfugier chez nous.
Exemple : cet été, au bord de la mer…
Dans le ciel, toujours les blanches mouettes
Habituelles, familières…
Quand à la plage, elle était envahie
Par de noirs corbeaux.
Je m’informe auprès d’un marin pécheur :
- Que font là ces corbeaux ?
- Ce ne sont pas des corbeaux. Ce sont de noires mouettes, des mouettes immigrées. Parce que les oiseaux aussi ont des problèmes d’immigration.
- Pourquoi les laisse-t-on entrer ?
- Parce que, ici , c’est une plage d’accueil !
- Vous voulez dire que toutes les mouettes de couleur indésirables dans leur pays d’origine sont ici les bienvenues ?
- Pas toutes ! La plupart de ces mouettes sont des clandestines !
Bien que le ciel soit le plus souvent bouché, elles profitent d’une éclaircie pour s’infiltrer dans notre espace aérien…
C’est ce qu’avait tenté de faire mon mainate.
Las ! Il s’était fait prendre en flagrant délit de vol à la frontière…
- Votre pédigrée ?
Il eut beau prétendre qu’il était réfugié politique,
on lui fit observer qu’en Malaisie, présentement,
il n’y avait pas de soulèvement,
pas le moindre mouvement de libération.
Il s’est retrouvé derrière les barreaux,
Chez un marchand d’oiseaux exotiques,
sur les quais de la Seine..
C’est là que passant devant la boutique…
Je l’ai entendu siffler et chanter…
Je suis entré.
Je lui ai parlé.
Il m’a répondu.
On s’est entendus.
L’oiseleur a consenti à me faire un prix.
Et voilà !
C’est ainsi qu’il est entrée à mon service…….
…. »
Un texte extrait de : « un jour sans moi, extravagances » de RAYMOND DEVOS Edition France loisirs 1997.
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