Partager l'article ! C'est dans le "Paris-Normandie" d'hier !: Franck Gilard, député de la 5ème circonscription de l'Eure, vient de créer avec 34 autres dépu ...
Franck Gilard, député de la 5ème circonscription de l'Eure, vient de créer avec 34 autres députés UMP un collectif du nom de "Droite Populaire".
L'objectif de ce collectif est, selon ses créateurs, de s'attaquer au politiquement correct et de défendre les fondamentaux de la droite qui sont, de leur avis, la Nation, le patriotisme et la République.
Dans l'interview, pour expliquer cette création, Franck Gilard affirme que ce qui aujourd'hui ferait décalage entre les français et leur classe politique, ce serait des événements comme les émeutes de Grenoble ou celles de Saint Aignan, dans le Loir-et-Cher. Le député UMP précise que ce qui le gène, c'est que certains victimiseraient les voyous (?).
Mais sa pensée se précise un peu plus loin, lorsqu'il se demande "pourquoi devrions-nous toujours nous excuser lorsque nous parlons d'immigration ou de communautarisme ?" puis en rappelant des propos qu'il a tenu lors de la campagne des élections régionales ou il affirmait que "les préoccupations des électeurs du Front National sont les miennes".
Nous y voilà !
Le journaliste n'est pas dupe en lui parlant du Front National.
Ce qui travaille Franck Gilard, ce ne sont pas ni la Patrie, ni la Nation, c'est plutôt un trait de caractère refoulé depuis longtemps, un goût pour une certaine France qui pue le rance, avec un rejet pour ce qui est différent, ce qui ne correspond pas au modèle traditionnaliste français, blanc, catholique et paysan. Dans la France de Franck Gilard, les immigrés sont forcément des délinquants et une communauté présente sur le territoire français depuis le XVIIème siècle, la communauté des gens du voyage, devient une population immigrée à l'occasion d'un événement d'actualité. Une communauté qui nécessiterait un traitement particulier avec intervention de l'Etat et du président de la République.
Mais la Patrie, la Nation et la République, ce sont d'autres combats, d'autres valeurs.
Depuis la Révolution française en passant par la Résistance, il s'est trouvé de nombreux immigrés pour défendre la Patrie, la Nation et la République comme il s'est trouvé beaucoup de bons français, notamment dans les milieux de la bourgeoisie, pour trahir ces trois piliers de la France et choisir le camp de l'ennemi, de la collaboration, de la honte ou du nazisme.
Cet amalgame entre délinquance et immigration est facile car simpliste et jouant sur les peurs animales.
Pourquoi mettre en accusation des millions d'immigrés, tous différents par leurs origines, leurs âges, leurs métiers, leur style de vie à chaque fois que quelques connards un peu typés commettent des actes criminels ? Pourquoi ceux qui mettent ainsi en avant les "immigrés" ne font-ils pas les mêmes amalgames avec les corses ou les marseillais alors qu'on entend régulièrement parler du "milieu" corse ou marseillais ? Pourquoi ne font-ils pas de procès en sorcellerie à une Eglise catholique en prise avec des scandales de pédophilie à répétition ? Pourquoi s'attaquer seulement à ceux qui n'ont pas le droit de vote ?
Posons-nous les questions sur cette France qui rejette une partie de sa jeunesse, qui n'offre plus un cadre scolaire, professionnel et citoyen permettant à de nombreux jeunes des quartiers "difficiles", enfants français de parents immigrés, d'envisager une ascension sociale autrement que par la délinquance ?
Les amalgames et les raccourcis qui font croire que ce sont les origines ethniques ou religieuses de certains qui sont à la source des difficultés de la population sont les ferments de dérives à venir. L'Histoire nous l'a prouvé de nombreuses fois. Ce discours permet surtout d'occulter les causes sociales et politiques de ces difficultés.
Franck Gilard considèrent les français scandalisés par les événements de Grenoble mais il ne parle pas de l'affaire Woerth-Bettencourt. Pourquoi ?
Une droite qui stigmatise l'étranger ne remet pas en cause le modèle social et politique à l'origine de la crise morale et économique de notre société, le capitalisme.
La Patrie, la Nation et la République sont les enfants de 1789, de la Commune de Paris en 1871 et de la Résistance au nazisme et au régime de Vichy.
Les valeurs morales héritées de cette histoire sont inscrites au fronton des mairies : "Liberté, Egalité, Fraternité".
Ce sont ces valeurs que nous défendons.
On est loin du discours de Franck Gilard et de ses collègues députés.
Eric Ruiz.