Le mot pour dire

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LE MOT POUR DIRE

Mercredi 10 juin 2009

Il n’a jamais cessé d’être journaliste : depuis le couloir de la mort, Mumia Abu-Jamal a écrit un article, pour Reporters sans frontières. De la misère à Philadelphie du temps de sa liberté, en passant par les conditions de détention actuelles, Mumia "couvre" un univers caché que même les journalistes les plus intrépides ne peuvent pénétrer", écrit-il.


J’ai fait mes débuts dans le journalisme en tant que reporter, chargé du logement au sein d’une station de radio locale, affiliée à NPR (National Public Radio). A Philadelphie, l’une des plus vieilles villes des Etats-Unis, les problèmes de logement étaient alors très nombreux : on pouvait parler d’un délabrement généralisé, surtout dans les quartiers où vivaient les Noirs, les Portoricains et les Blancs les plus démunis. Lorsque je me repenche sur ces années, (…) impossible d’oublier la manifestation contre les mauvaises conditions d’habitat organisée par les locataires d’une résidence de Southwest Philadelphia, une partie de la ville que j’avais jusque-là maintes fois longée en voiture sans oser m’y aventurer…


Les façades du bâtiment étaient plutôt belles, stylisées, et se démarquaient du reste de la rue grâce à leurs moulures ornementales, symboles d’une ère révolue où les bâtisseurs, véritables artisans, se souciaient de beauté. Lorsque l’un des organisateurs de la manifestation m’a appelé pour m’alerter, je me suis immédiatement rendu à l’immeuble. Ma première réaction a été un haut-le-cœur : les plafonds étaient dangereusement affaissés, suspendus au-dessus des enfants ; la tuyauterie était bouchée et le bâtiment était si peu entretenu qu’il menaçait la sécurité de ses occupants.


Les meneurs de la manifestation ne cachaient pas leur colère. En repensant à cet événement aujourd’hui, je réalise que le sujet n’était pas, en soi, le logement. Le sujet, c’était la résistance. C’est cela qui donnait du sens à cette histoire symptomatique de ce que vivent les gens de la classe ouvrière, qui affrontent, au quotidien, des conditions de vie injustes et inacceptables. De nombreuses années plus tard, au fond de ce que j’appelle l’American House of Pain (ma prison), ce serait mon lot.


Les milliers de personnes incarcérées autour de moi pourraient chacune faire l’objet d’un reportage : sur les raisons les ayant conduites en prison ou, bien plus souvent, sur les procédures utilisées pour leur condamnation. Le système judiciaire américain s’apparente à un broyeur à viande : vus de près, ses rouages sont répugnants. J’ai rédigé maint articles sur des détenus condamnés injustement ou illégalement, soumis à de terribles violences, victimes de sidérantes aberrations bureaucratiques ou de cruautés à vous glacer le sang.


En 1995, j’ai fait l’objet de sanctions pour m’être « adonné à des activités de journaliste ». Il m’aura fallu des années de lutte contre le système judiciaire, dont plusieurs semaines de présence dans une salle d’audience, assis avec des chaînes serrées à en faire enfler et saigner mes chevilles, pour faire enfin admettre que le 1er amendement de la Constitution américaine protège de telles activités (ce fut l’affaire Abu-Jamal contre Price). Je ne regrette nullement ce combat.


Pendant longtemps, pour rédiger mes articles, j’ai été contraint de les écrire sur un bloc-notes, avec un stylo ou parfois même avec un simple tube de 10 centimètres en plastique souple et transparent, c’était comme si j’écrivais avec une nouille.

Deux de mes livres ont été écrits avec de tels instruments, puis envoyés à des amis ou à des éditeurs pour les faire taper.


Les ordinateurs n’ont pas encore fait leur entrée dans le monde carcéral (ou, tout du moins, pas en Pennsylvanie). Je suis souvent amusé de recevoir des lettres de personnes bien intentionnées qui me donnent spontanément leur adresse de courriel ou de site Web. J’en conclus qu’elles pensent que je dispose, là, dans ma cellule, d’un ordinateur personnel, ou que cette prison propose aux détenus des points d’accès à l’Internet. Pas du tout.

Ici, il n’y a ni ordinateurs, ni I-pod, ni CD, ni cassettes (l’ironie est que l’on peut acheter des lecteurs de cassette à l’intendance ! ). Nous ne sommes guère que des dinosaures qui vivons dans un autre temps, figés dans une ère où nous faisons "sans".


Un détenu surnommé Amin (Harold Wilson), qui avait été acquitté lors d’un nouveau procès sur des accusations de meurtre non fondées, a été libéré après deux décennies passées dans le quartier des condamnés à mort. Il a quitté la prison centrale de Philadelphie avec tous ses biens réunis dans un sac poubelle, et un jeton d’autobus. Un détenu portoricain qui avait été libéré de la même prison au même moment a été si touché par l’expression de désarroi sur son visage qu’il lui a offert son téléphone portable. Amin a regardé en plissant les yeux le petit appareil au creux de sa main et a demandé : « Ça sert à quoi, ce truc ? »

Il n’avait aucune idée de la façon de faire marcher cet étrange objet car il n’en avait jamais vu ou tenu un auparavant. Plus tard, il m’a dit : « Oh là là, on aurait dit un gadget directement sorti de Star Trek ! »


Il y a parfois des histoires qu’on aurait préférer ne pas connaître. Il y a plusieurs mois, Bill Tilley, apprécié pour son sens de l’humour dans les couloirs de la mort, mais usé par trop d’années de coups de tête contre l’épaisse muraille judiciaire et redoutant que de récents problèmes de santé ne soient le prélude d’un cancer, s’est levé à l’aube et s’est servi de la grille d’une bouche d’aération de sa cellule pour effilocher les lacets de ses tennis et faire un nœud coulant. Il s’est pendu.


Suite à son décès, des rumeurs ont circulé selon lesquelles il était effectivement atteint de cancer, mais que le personnel médical de la prison n’en avait pas parlé car, s’agissant d’un condamné à mort, l’Etat ne voulait pas gaspiller d’argent en soins pour un patient qui allait de toute manière mourir.


Plusieurs semaines avant sa mort, Tilley avait confié à quelques amis qu’il pensait qu’il s’agissait d’un cancer, compte tenu de la sévérité de ses symptômes, mais que, quoi qu’il en soit, il avait tellement souffert qu’il ne voulait « plus jamais, jamais, passer par cela ». Ce que nous ignorions alors, c’est qu’il nous annonçait du mieux qu’il pouvait son projet de suicide. Peut-être essayait-il de nous dire en quelques mots qu’il avait plus peur de souffrir que de mourir. Tilley a mis fin à ses jours à moins de 12 mètres de la porte de la cellule dans laquelle ont été écrit ces mots.

J’ai "sorti" cette affaire, mais sans aucun plaisir. Des affaires à sortir, il y en a des dizaines de milliers dans cette « Maison de la Peine ». Elles m’ont inspiré des centaines d’articles.


Je "couvre" un univers caché que même les journalistes les plus intrépides ne peuvent pénétrer.

Cet univers, c’est mon domaine, et j’entends y faire mon travail avec la même rigueur et le même professionnalisme que ceux qui m’animaient dans le passé.

Car même s’il s’agit d’un monde caché, loin des millions de regards, il s’agit bien d’un monde public, bâti et entretenu grâce à l’argent du contibuable. Ce dernier n’est-il pas en droit de savoir où passent ses impôts ?


Je l’en informe du mieux que je peux, plusieurs fois par mois, par écrit au travers d’articles ou de recueils de commentaires. Je me bats contre le fait que je suis ici, mais je suis ici ; et tant que cela durera, c’est ici que je poursuivrai cette vie.


Source : L'humanité

Par Section de Pont-de-l'Arche, Val de Reuil, Louviers - Publié dans : Solidarité - Communauté : Les blogs communistes
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Mardi 19 mai 2009


Journaliste noir américain, Mumia Abu-Jamal a été condamné à mort en 1982 à l’issue d’un procès truqué. Accusé du meurtre d’un policier, il a toujours crié son innocence. Il est aujourd’hui l’une des figures emblématiques du combat pour l’abolition universelle de la peine capitale. D’un continent à l’autre, sa situation suscite une mobilisation continue depuis une quinzaine d’années.



Monsieur le Président,

La Cour Suprême des États-Unis vient de rejeter le recours du journaliste Mumia Abu-Jamal, condamné à mort en 1982 au terme d’un procès dont l’iniquité est internationalement reconnue.
Cet homme qui ne demande qu’à défendre son innocence se voit ainsi refuser tout nouveau procès.
Cette décision de la plus haute autorité juridictionnelle constitue une atteinte aux droits humains les plus élémentaires. Elle bafoue gravement la Constitution américaine eu égard aux conditions de déroulement du procès et à la sélection du jury selon des critères raciaux.
La gravité de la situation appelle une intervention de votre part pour faire respecter les droits de cet homme et empêcher que l’irréparable ne soit commis.
Aussi, nous vous demandons instamment d’user de votre autorité morale pour mettre un terme à l’acharnement judiciaire dont est victime Mumia Abu-Jamal, figure emblématique du combat universel contre la peine de mort. L’opportunité vous est donnée de mettre votre pays en phase avec l’immense espoir soulevé par votre élection, celui de contribuer à l’éradication de la souffrance humaine. Et ce sens, il y a urgence à mettre en oeuvre un moratoire contre la peine de mort comme vous y invite la Résolution de l’Organisation des Nations Unies.
Une telle décision grandirait assurément l’image des États-Unis d’Amérique. YES, YOU CAN, sauver Mumia Abu-Jamal et abolir la peine de mort !
Espérant sincèrement que vous entendrez cet appel, nous vous assurons, Monsieur le Président, de nos plus respectueuses salutations.


Signez la pétition ICI

 

 
Par Section de Pont-de-l'Arche, Val de Reuil, Louviers - Publié dans : Solidarité - Communauté : Les blogs communistes
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Vendredi 24 avril 2009

 

Le mouvement de couples franco-étrangers, les Amoureux au ban public, répond au ministre de l'immigration M. Besson qui prétend que "En 65 ans, depuis qu'existe l'article L622-1 -du Code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile-, personne n'a jamais été condamné pour avoir simplement hébergé, donné à manger ou transporté en voiture en auto stop un étranger en situation irrégulière".

 

Lors d'une conférence de presse, mardi 28 avril, les Amoureux au ban public feront connaître une vingtaine de situations, relevées sur plusieurs années, dans lesquelles des personnes ont été condamnées par la justice pour délit de solidarité. Parmi ces condamnés figurent notamment une vingtaine de français(es) poursuivis pour avoir hébergé leur conjoint ou concubin étranger en situation irrégulière ! Et la répression des « délinquants de l'amour » se poursuit : le 11 mai prochain, Jenifer Chary, française, comparaitra devant le tribunal correctionnel de Dijon pour aide au séjour de son concubin, M. Naimi, expulsé quelques jours avant leur mariage. Une pétition contre cette criminalisation de l'amour a déjà recueillie plus de 10000 signatures et peut encore être signée (cliquez ici).

Les artistes soutiennent les Amoureux au ban public

A l'occasion de cette conférence de presse, les Amoureux au ban public rendront public le soutien de plusieurs artistes : Jacques Higelin, Rodolphe Burger, Mathilde Monnier, Claire Denis et Sandra Nkaké et bien d'autres. A travers la réalisation d'un CD et un DVD réalisés en collaboration avec les couples mixtes, les Amoureux au ban public entendent s'appuyer sur ces chansons et vidéos pour porter leurs revendications. Sortie officielle du coffret le 28 avril. Voir la bande-annonce  

Les bénéfices des ventes du coffret seront entièrement affectés à la campagne des Amoureux au ban public.

 

Par Section de Pont-de-l'Arche, Val de Reuil, Louviers - Publié dans : Solidarité - Communauté : Les blogs communistes
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Vendredi 27 mars 2009

Bonjour, vous avez signé la pétition « Aimer un étranger ne doit pas être un délit » et nous vous en remercions. Mais nous avons encore besoin de votre soutien.


Malgré les 9000 signatures réunies en quatre jours, les interventions de plusieurs députés et sénateurs, la mobilisation locale du collectif des « Amoureux au ban public » de Dijon, le préfet de Cote d’Or reste inflexible et a confirmé ne pas vouloir revenir sur la décision d'expulsion prononcée contre M. NAIMI. Cette expulsion est prévue désormais intervenir à tout moment.


Nous vous demandons d'écrire en urgence au Ministre de l'immigration et à ses services pour exprimer votre indignation et exiger que M. NAIMI puisse rester en France et se marier avec Mlle CHARY le 11 avril comme cela était prévu.


Envoyer un fax ou un email à :

Ministre: eric.besson@iminidco.gouv.fr

Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

Standard 01 77 72 61 00

Secrétaire général : secretariat.general@iminidco.gouv.fr

Directeur adjoint du Cabinet : frank.supplisson@iminidco.gouv.fr


Nous joignons ci-dessous un modèle de lettre. Nous vous invitons toutefois à personnaliser cette lettre pour qu'elle ait davantage d'impact.

Ne pas mettre le nom de M. Naimi dans l'objet du message pour éviter les filtres



Monsieur le Ministre,

Nous vous saisissons en urgence de la situation de M. NAIMI, ressortissant marocain, actuellement retenu au centre de rétention Lyon Saint-Exupéry suite à un arrêté de reconduite à la frontière pris par le Préfet de la Côte d'Or.


M. NAIMI devait se marier le 11 avril avec sa concubine française, Mlle CHARY. Il a été interpellé chez des amis le 17 mars dernier et a fait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière du préfet de la Côte d'Or.


Cette mesure d'éloignement, qui porte une atteinte manifeste à la liberté du mariage et à la vie familiale, comporte en outre des conséquences humaines dramatiques.


Mlle CHARY vient d'apprendre qu'elle est atteinte d'un cancer et doit être prochainement opérée. Mère d'une petite fille de 2 ans, elle a besoin du soutien de son compagnon pour surmonter cette épreuve et l'aider à s'occuper de cet enfant. Compte tenu de sa situation médicale et familiale, elle ne peut pas envisager de se rendre au Maroc pour y accompagner M. NAIMI.


Il convient en outre de signaler que Mlle CHARY est convoquée devant le Tribunal correctionnel pour répondre du délit d'aide au séjour irrégulier de son concubin alors que la loi interdit pourtant que de telles poursuites soient engagées à son encontre (art. 622-4 du CESEDA).


Nous vous demandons par la présente de faire cesser le drame vécu par ce couple et d'ordonner
la libération de M. NAIMI afin de lui permettre de se marier et de rester auprès de Mlle CHARY.


Veuillez recevoir, M. le ministre, l'expression de notre considération.


Merci d'avance.
Avec le soutien d'Eure Seine 

 

Par Section de Pont-de-l'Arche, Val de Reuil, Louviers - Publié dans : Solidarité - Communauté : Les blogs communistes
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Lundi 23 mars 2009

Depuis quelques semaines, des voix s'élèvent pour dénoncer la multiplication des procédures policières et judiciaires contre des militants associatifs ou simples citoyens qui apportent un soutien humain aux étrangers en situation irrégulière.

La solidarité n'est cependant pas la seule à faire l'objet d'attaques inacceptables : l'amour porté à un étranger en situation irrégulière devient également un acte criminel !

Mlle Charry, de nationalité française, est appelée à comparaître dans les prochaines semaines devant le tribunal correctionnel pour répondre du délit d'aide au séjour irrégulier de son concubin marocain, M. Naimi. Le couple devait se marier le 17 avril prochain à Dijon après plusieurs mois de concubinage. A la suite d'une transmission par la mairie du dossier de mariage au procureur, M. Naimi a été interpellé le 17 mars chez des amis et placé au centre de rétention de Lyon-St-Exupery en vue de son expulsion qui doit intervenir dans les prochains jours.

La situation vécue par ce couple n'est pas un cas isolé. Depuis sa naissance en juin 2007, le mouvement des « Amoureux au ban public » a eu connaissance de quatre autres procédures judiciaires engagées contre des français en concubinage avec des étrangers en situation irrégulière ainsi que de plusieurs rappels à la loi prononcés par le Parquet. De nombreux témoignages reçus relatent en outre les menaces de poursuites pénales régulièrement proférées par les services policiers ou administratifs et les conditions d'interpellation et d'audition humiliantes et dégradantes.

Scandaleuse, cette criminalisation de l'amour est également illégale. En effet, la loi interdit que le conjoint ou concubin d'un étranger en situation irrégulière soit poursuivi pour l'avoir hébergé et aidé dans sa vie quotidienne.

Les « Amoureux au ban public » demandent :

-          l’abandon des poursuites pénales engagées contre Mlle Charry

-          la libération de M. Naimi afin de lui permettre de se marier avec sa compagne.

-          Les « Amoureux au ban public » demandent également au gouvernement de rappeler par voie de circulaire aux services de police et aux parquets que la loi interdit toute poursuite pénale pour aide au séjour irrégulier à l'encontre des conjoints et concubins d'un étranger et exigent plus généralement que cesse la criminalisation des gestes de solidarité ou de simple humanité envers les étrangers en situation irrégulière.

SIGNEZ LA PETITION

Par Section de Pont-de-l'Arche, Val de Reuil, Louviers - Publié dans : Solidarité - Communauté : Les blogs communistes
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