Un consensus sera-t-il possible à Copenhague, et sur quelle base ? Selon le GIEC, pour empêcher une hausse de la température au-delà de 2°C d’ici 2100, les pays industrialisés devraient réduire leurs émissions de 25% à 40% des gaz à effet de serre (GES) en 2020 par rapport à 1990. Les pays en développement (PED) devraient – compte tenu de leur croissance actuelle – infléchir leurs émissions
En effet, tout le monde n’est pas à égalité. Les États-Unis sont les plus gros pollueurs avec 24 tonnes de CO2/an/habitant contre 12 pour un européen et 5,5 pour un chinois. L’urgence est à l’action si l’on veut parvenir, comme cela est nécessaire, à 2 T/hab de la planète. Autre important dossier en discussion : le règlement de la « dette écologique » des pays du Nord à l’égard de ceux du Sud. Celui-ci doit se concrétiser par le versement d’une aide financière (120 Md€/an) à apporter aux PED et pays pauvres.
Elle doit les aider à investir. Ce qui suppose des transferts de technologie et de brevet à ceux qui paient déjà un trop lourd tribut au dérèglement climatique. Le droit à l’énergie pour tous doit être assuré. Or, les propositions annoncées sont au dessous des enjeux. Sur la possibilité de parvenir à un accord juridiquement contraignant en décembre, le pessimisme prévaut (pays d’Asie et du Pacifique, observateurs, ONG…). C’est ce que dénoncent les pays africains qui ont même un temps quitté la table de négociations. Se profile le projet d’une déclaration politique comportant de grands principes (appel à réduire les émissions de GES de 50% d’ici 2050, adoption par les pays riches de trajectoires de réduction de GES vers - 80% en 2050, acceptation par les PED d’une « déviation substantielle » de l’augmentation de leurs émissions, soutien financier important et transferts de technologies pour les pays les plus pauvres) [1], le report des négociations définitives en 2010, bref, de bonnes intentions, mais sans contraintes réelles.
On a bien sauvé les banques, on doit sauver la planète !
Le temps perdu pour l’action ne se rattrape pas, ou alors à un prix prohibitif pour les peuples. Il ne faut pas cacher que les budgets à mobiliser pour conduire les adaptations nécessaires à un nouveau mode de production et de consommation moins productiviste seront très conséquents. Qui paiera la facture, les peuples ou le capital ? Alors que les rencontres bilatérales se poursuivent, Obama et Hu Jintao ou bien Sarkozy et Lula, la mobilisation des peuples pour peser sur le cours des négociations est essentielle. Le nombre d’appels en direction des chefs de gouvernements, de débats publics, d’initiatives de sensibilisation, de vœux d’élus dans les collectivités territoriales se multiplie ; mais nous sommes encore loin du compte. Les communistes doivent prendre leur part de ce combat avec ambition, en s’attachant à faire connaître leurs propositions et en œuvrant à l’émergence de convergences qui lient préservation de la planète et progrès social, réduction des inégalités sociales et environnementales. En France, d’ici la conférence, chaque jour nous pouvons, avec d’autres, agir pour que le gouvernement, le président Sarkozy, l’Europe interviennent de façon positive. C’est pour toutes ces raisons que le PCF est présent à Copenhague, notamment lors de la manifestation du 12 décembre dernier.
Ce combat ne s’arrêtera pas le 18 décembre, nous aurons à le poursuivre !
Créer une taxe carbone aux frontières pour pénaliser les pays dont on
juge qu’ils ne font pas suffisamment d’efforts pour réduire leurs émissions de CO2 et éviter qu’ils n’en tirent bénéfice, en termes de compétitivité de leur économie au plan mondial. Bien
qu’elle soit d’origine danoise, cette proposition n’est pas à l’ordre du jour du sommet de Copenhague.
Qu’importe, l’idée fait son chemin. Elle est reprise depuis maintenant quelques mois par le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui souhaite que l’Union européenne se dote d’un
tel outil. L’OMC ne s’est pas déclarée pour l’instant défavorable à une telle mesure. Son directeur, le socialiste français Pascal Lamy, a affirmé, le 15 septembre dernier, que le
« le feu n’est ni rouge ni vert », se contentant d’émettre quelques réserves. Seuls les Allemands, qui craignent des mesures de rétorsion sur leurs propres exportations, s’y
sont déclarés opposés.
La création d’une taxe carbone, aux frontières qui vise essentiellement les pays émergents comme la Chine, premier contributeur mondial en volume de gaz à effet de serre, est on ne peut
plus hypocrite. Les partisans de cette taxe font en effet mine d’ignorer qu’une part des produits à laquelle elle est censée s’appliquer, sont issus d’industries délocalisées par les pays
membres de l’Union européenne. Et donc que les pays européens ont délocalisé dans le même temps une part de leurs émissions. Aujourd’hui, 21 % des émissions chinoises sont générées
par les exportations de ce pays.
La création d’une taxe carbone aux frontières n’a pas pour objectif de lutter contre le réchauffement climatique. « C’est une mesure protectionniste prise sous couvert
environnemental », dénonce ainsi le PCF. Selon l’économiste communiste Frédéric Boccara, cette mesure est même particulièrement dangereuse. « Pour amortir la taxe, les pays
visés feront pression sur l’emploi, les salaires et les acquis sociaux. » Sans conséquence sur les émissions de gaz à effet de serre, cette taxe, si elle voit le jour, contribuera
donc au final à accentuer le dumping social.